HUMANISTES, LEVEZ-VOUS !

L’histoire bégaye, ne restons pas muets.

 « La terre ici-bas, tout comme le ciel là-haut, devant nous s’est fermée, (…) La mort- elle nous ouvrait le chemin, par le sang, le feu et la fumée. On se sauvait, hélas, sans trouver de salut… (…) Le même enfer qu’à l’aller, même horreur, même danger… (…) Pour chacun d’eux revenu au foyer ou resté en chemin- la même triste fin ! » Le chant du peuple juif assassiné, Yitskhok Katzenelson

D’hier à aujourd’hui, d’Ukraine à la Palestine ou Gaza, du Mali au Congo, d’Afghanistan au Soudan, de la Birmanie au Xinjiang, le décor change, mais la tragédie humaine reste la même.

Nous sommes français, du pays des droits de l’homme, et nous ne devrions rien dire ?

Nous sommes membres du Mouvement MUMA qui s’attache à promouvoir et défendre les valeurs humanistes, et nous nous tairions ?

Nous faisons entrer Robert Badinter, défenseur de l’humain et de la Vie, au Panthéon et nous resterions spectateurs ?

Le silence n’est plus une option : EXPRIMONS-NOUS ! 

Le monde se fracture par la folie de quelques hommes : terrorisme, répression aveugle, destructions massives, déplacement de population, atteintes aux libertés, à la condition de la Femme…

Dans notre pays même, l’intolérance monte et le dialogue se meurt, la société politique se révèle intolérante à l’autre, s’entoure de « lignes rouges ». Manière de refuser la discussion et le dialogue et d’oublier le bien commun ! 

Comment, dans cette société où tout s’écroule, où le bon sens a si souvent disparu, où les violences se multiplient, où les horreurs s’accumulent, au mépris de tout respect de l’individu et de ses droits, faire entendre sa voix ? Et quelle voix ? 

Stéphane Hessel écrivait : « Il nous appartient de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers. » Comme lui, INDIGNONS-NOUS et LEVONS-NOUS pour dire notre douleur, notre souffrance. Hurlons-la ! Elle est inacceptable et intolérable. Aucune cause n’autorise à blesser, tuer, prendre en otage, torturer, violer, AUCUNE. Que chacun s’autorise à hurler ce qu’il considère « insupportable » !  Il y va pour l’homme de la conservation de sa dignité. 

MANIFESTONS NOTRE REJET DE CEUX QUI PASSENT AU-DESSUS DES LOIS, qui remettent en cause les règles du jeu, les textes de lois, lorsque ceux-ci se montrent contraires à leurs propres intérêts. Ces textes n’ont-ils pas été votés par une représentation nationale, ou des instances internationales selon un processus démocratique incontesté ?

OSONS DIRE LA VÉRITÉ, quand bien même elle dérange et mettons des mots sur les faits :

  • La barbarie, d’où qu’elle vienne et quelle qu’en soit la raison ;
  • Le mensonge ou les pseudo-vérités, la fabrique de l’histoire ;
  • Le reniement des valeurs et des engagements ;
  • La non-incarnation de notre devise ;
  • La manipulation des esprits et des consciences au travers des réseaux sociaux par des acteurs qui agissent en arrière-plan.

REMETTONS DE L’HUMAIN DANS NOS ACTES ET EN TOUTE CHOSE. 

Rien ne peut être accompli sans impliquer l’Homme. L’ignorer, ou pire encore le contraindre ou le forcer ne peut mener à rien.

Faisons confiance à son intelligence, à sa perception éclairée des choses. Sans nul doute, le plus grand nombre a une compréhension des enjeux, des efforts à faire, des choix à exercer, mais son attitude lui est souvent dictée par des motifs individualistes ou des discours biaisés.

Déplorons l’absence d’éléments factuels sérieux dans le débat politique. Refusons les mesures démagogiques ou populistes destinées à flatter une clientèle ou alors ne nous étonnons pas des réactions d’un public infantilisé par des rhétoriques démagogiques. Faisons preuve de discernement.

Reconnaissons l’autre dans sa singularité, dans sa dignité et son droit à une existence décente, à un travail, à un logement et à être respecté. Œuvrons pour que chacun puisse vivre dans la paix et la liberté.

Tendons la main. Certains hommes se sont grandis en le faisant dans le passé : de Gaulle et Adenauer, Rabin et Arafat. D’autres peuvent le faire aujourd’hui. Soutenons-les !

Rejetons le rapport de force. Jamais il n’a été plus présent. Jamais le droit des faibles n’a été aussi peu respecté, jamais la violence aussi quotidienne. Croit-on créer du bien-être et du vivre ensemble en se comportant de la sorte ? Hubris quand tu nous tiens !

AGISSONS !

Jean-Paul Sartre nous disait « responsables, en tant qu’individus ». Oui, mais lutter seul ou constituer un petit groupe peut paraitre illusoire pour contrebattre des comportements irresponsables et malfaisants. 

Gérald Bronner ne dit-il pas (1) qu’il faut six fois plus d’énergie sur les réseaux pour promouvoir une idée juste que pour convaincre d’une idée fausse ? Raison de plus pour s’engager ! Il nous revient d’intervenir, de ne pas rester silencieux. 

Après tout, la démocratie commence par une voix, puis une autre, et une autre… !

Nous vivons une période bien particulière. Près de 40 ans après la chute du mur de Berlin et l’annonce de la « fin de l’histoire », celle-ci se rouvre brutalement. Les intérêts particuliers prennent le pas sur l’intérêt général, le rapport de force supplante le processus démocratique, la considération de l’autre s’efface, amplifiée par la puissance des réseaux sociaux et l’émergence de l’intelligence artificielle.

Face à cela, nous avons des responsabilités !

Nous devons, ensemble, élargir la voix de MUMA au-delà du cercle de ses membres.

Nous devons créer des espaces de dialogue, des ateliers où la première règle serait simple et exigeante : Écouter vraiment – Reconnaître l’autre. 

Refuser la simplification, la brutalité, le silence. Car sans dialogue, il n’y a pas de démocratie vivante. Et sans humanisme actif, il n’y a plus que le rapport de force. 

« Les mots générosité, utopie… peuvent sembler parfois un peu naïfs. Mais je revendique cette naïveté, parce qu’elle permet de respirer. » (2) Revendiquons cette naïveté. Non comme une faiblesse, mais comme un acte de résistance.

Être humaniste aujourd’hui n’est pas une posture. C’est un acte. Maintenant ! 

Alain Sonntag

(1) Apocalypse cognitive – Gérald Bronner

(2) Réconcilier les hommes avec la vie sauvage – François Sarano

Alain Sonntag

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